Le projet d’effacement de protection de berge

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Redonner vie à l'Allier : le projet de l'île des Bravards

💧 Une rivière vivante, c’est une rivière qui bouge !

La rivière Allier est l’une des dernières grandes rivières sauvages d’Europe. Son atout ? La dynamique fluviale, indispensable à son bon fonctionnement ! 

Qu’est-ce que la dynamique fluviale ? 

Il ‘agit du phénomène naturel qui amène la rivière à éroder ses berges, transporter et déposer des sédiments. Cela lui permet de dissiper son énergie et se traduit par la divagation du lit de l’Allier au sein de sa plaine. Elle garantit ainsi le maintien en quantité et qualité de la nappe d’eau alluviale, exploitée pour l’alimentation en eau potable. 

La dynamique fluviale contribue également à la richesse de la faune et de la flore : elle façonne des habitats rares où s’exprime une biodiversité riche et variée !

Allier, île des Bravards (J. Tommasino)
Enrochement, île des Bravards (CEN Auvergne)

🧱 Des protections de berges parfois utiles, parfois néfastes

Dans le passé, pour protéger les terrains contre l’érosion, de nombreuses protections de berge en enrochement ont été installées. Ce n’est qu’au fil du temps que les effets négatifs sur la dynamique fluviale ont été relevés : lit de la rivière qui s’enfonce, nappe d’eau qui s’abaisse, habitats naturels qui disparaissent…

 

Si bon nombre de protections de berge ne sont pas à remettre en question, pour sécuriser des routes ou des zones habitées, certaines ne protègent plus d’enjeux importants. Il est alors possible d’étudier leur effacement, comme sur l’île des Bravards.

Le projet d'effacement de protection de berge de l'île des Bravards

Protection de berge de l'île des Bravards (CEN Auvergne)

📍 La protection de berge de l’île des Bravards

Située sur la rive droite de l’Allier, à Charnat et Limons (Puy-de-Dôme), cette protection de berge longue de 470 mètres date des années 1990. Elle a probablement été construite à l’initiative des pouvoirs publics pour protéger l’île des Bravards favorable à l’exploitation de la ressource en eau, mais sans lien direct avec les puits de captage actuels situés à plus
de 300 mètres de la protection de berge.

 

En accentuant l’altération de la dynamique de l’Allier sur ce secteur déjà historiquement impacté par les extractions de granulats, cette protection a paradoxalement contribué à l’abaissement du toit de la nappe d’eau associé à l’enfoncement du lit.

Les objectifs du projet

Les travaux d’effacement de cette protection de berge doivent permettre à la rivière Allier de :

  • Retrouver des possibilités de dissipation de son énergie (et limiter ainsi les contraintes hydrauliques sur d’autres secteurs avec des enjeux de sécurité humaine)
  • Se recharger en sédiments et limiter l’enfoncement de son lit
  • Garantir à long terme sa ressource en eau, exploitée pour l’eau potable et l’agriculture
  • Maintenir sa biodiversité très riche
  • Pouvoir s’ajuster naturellement aux évolutions climatiques

 

Les travaux ne consistent qu’à enlever le point de blocage : ce sera ensuite à la rivière Allier, au gré de ses crues morphogènes, de restaurer localement sa dynamique fluviale !

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Des travaux sans impact sur les inondations

Une protection de berge repose uniquement sur la berge et ne dépasse pas le niveau du terrain naturel, contrairement à une digue qui elle s’élève au-dessus du terrain naturel pour bloquer les eaux d’inondation. La protection de berge ne joue ainsi aucun rôle sur les inondations et son effacement est donc sans impact sur celles-ci.

Les travaux en pratique

  • Coupe de la végétation sur la berge et son sommet
  • Enlèvement des enrochements par une pelle mécanique depuis le sommet de berge
  • Concassage des enrochements en graviers pour les restituer sur la berge (érodés par la rivière, ils contribueront au rechargement sédimentaire. Cette opération contribuera à limiter l’empreinte carbone des travaux en évitant leur transport)
  • Mise en place du suivi géomorphologique et hydrogéologique de l’évolution de la rivière et de sa nappe alluviale en partenariat avec la recherche.
  • Réalisation en septembre 2025 c’est-à-dire à la période où le niveau d’eau est le plus bas
  • Travaux définis et réalisés par le CEN Auvergne, en partenariat avec le Syndicat d’eau (SMEA) de Basse Limagne propriétaire des terrains* et des puits de captage d’eau potable lien page partenaires.
  • Projet réalisé dans le cadre du Contrat territorial Val d’Allier alluvial bénéficiant du soutien financier de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne et de l’État au titre du Fonds Vert – France nation verte.

L’expérience de l’île des Cailloux à Maringues

Nous avons déjà réalisé des chantier d’effacement de protection de berge et avons constaté la pertinence de ces actions. Les derniers travaux similaires datent de 2019 sur l’île des Cailloux à Maringues. Cinq ans après, nous avons observé une reprise de l’érosion des berges sur plus de 50 mètres, ce qui représente un rechargement sédimentaire de la rivière de plus de 50 000 m3. A cet endroit, le lit moyen de l’Allier a doublé de largeur, façonnant de nouveaux milieux naturels favorables à la biodiversité.

Berge de l'île des Cailloux après la crue, 2019 (CEN Auvergne)